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Aux confins de l’Inde, Manipur, un Etat au bord de la guerre civile

by News7
Aux confins de l’Inde, Manipur, un Etat au bord de la guerre civile



Lors de l’inhumation de victimes de violences interethniques au cimetière du village de Sekhen, dans le Manipur (Inde), le 20 décembre 2023. JEHANGIR ALI Les cercueils sont arrivés au village de Sehken, dans le district de Churachandpur, le 20 décembre 2023. En tout il y en avait 87. Ils contenaient les corps mutilés et carbonisés d’hommes, de femmes et d’enfants issus de tribus chrétiennes et juives, morts sept mois plus tôt et jamais restitués par le gouvernement. Depuis lors, les défunts reposaient dans les morgues d’Imphal, la capitale régionale de Manipur, jusqu’à ce que la Cour suprême de l’Inde ordonne aux autorités de les restituer aux familles. Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Inde, l’impitoyable chasse aux chrétiens par les extrémistes hindous Recouverts d’un drap noir, ils ont été déposés devant le révérend Thangkhosei Haokip. « Nous sommes les fils et les filles guerriers de [l’ethnie] kuki-zo. Même la mort ne peut nous barrer la route », a tonné l’ecclésiastique en thado, une langue sino-tibétaine, sans pouvoir masquer sa colère. Devant lui, une foule immense, des milliers de personnes, quelques jeunes hommes aux bandeaux noirs et à la rage brute dans les yeux se sont levés et ont applaudi. La cérémonie d’adieu aux victimes a eu lieu au cœur de la zone tribale de Manipur, à la frontière indo-birmane. Ce minuscule Etat du nord-est de l’Inde, dirigé par le Bharatiya Janata Party (le Parti du peuple indien, BJP) de Narendra Modi, est au bord de la guerre civile : il est ravagé, de longue date, par un conflit interethnique et religieux qui est devenu, depuis le 3 mai 2023, un enjeu politique national en dépit du manque de réactions initiales du gouvernement indien après un sursaut de violence sans précédent. D’un sac en plastique noir qu’elle tenait dans ses mains, Ngailam, une femme de 65 ans, a sorti un survêtement pour Thanjkhochon, 34 ans, son fils unique, allongé dans le cercueil devant elle. « Réveille-toi, mon fils. Ta mère est là », a-t-elle crié. Conflit à huis clos Toutes les victimes appartiennent à l’ethnie kuki-zo, des chrétiens essentiellement, qui vivent dans les collines du Manipur. La plupart d’entre elles sont mortes dans les premiers jours de mai, lorsque des affrontements ont éclaté entre des étudiants kuki et des Meitei, l’ethnie hindoue dominante. Les heurts avaient fait suite à la décision d’un tribunal local contestant les droits exclusifs des tribus kuki-zo sur leur territoire. Les juges avaient validé l’octroi du statut de « tribu » aux Meitei, une qualification leur donnant la possibilité d’acquérir des terres dans les régions tribales et de bénéficier de quotas d’emplois publics, privilège réservé aux tribus jugées isolées et défavorisées. Les Kuki-Zo sont confrontés à d’innombrables difficultés, en partie dues à leur faible niveau de représentation. Ils constituent près de 30 % de la population de 3,6 millions d’habitants et n’ont que dix élus sur soixante à l’assemblée législative du Manipur. L’insuffisance des infrastructures publiques a empêché tout développement de leurs collines. Il vous reste 70% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



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