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ces ballons de déchets qui trahissent une extrême pauvreté

by News7
ces ballons de déchets qui trahissent une extrême pauvreté



Depuis un mois, des ballons de déchets sont entrés dans le quotidien des Sud-Coréens, envoyés par le voisin du Nord. Près de 2 000 sacs d’une dizaine de kilos d’ordures se sont échoués ici et là, dans la campagne et même dans la capitale, Séoul. Interdiction formelle de les toucher, préviennent les autorités : tout ce qui vient de la Corée du Nord est une potentielle menace. Le ministère de l’unification, responsable des relations intercoréennes, récupère ces déchets pour les fouiller et vérifier qu’ils ne sont pas porteurs de maladies.Au premier abord, ce sont des amas de détritus sans grand intérêt : des vêtements, des emballages, du plastique, des feuilles de papier, et même du fumier. Ces déchets permettent en réalité d’approcher au plus près le quotidien des Nord-Coréens. Chercheur en science politique à l’université Dong-A, Kang Dong-wan collecte ceux qui s’échouent sur les plages du Sud. « Ne pouvant aller sur place, c’est ce qui nous informe le mieux sur les réalités socio-économiques du régime nord-coréen : ce que les gens achètent, mangent et utilisent », note le « professeur poubelle », comme le surnomment certains de ses confrères, moqueurs.Bouteilles en plastique et fumierL’arrivage de ces sacs de détritus par ballons lui donne une nouvelle occasion de décortiquer les objets du quotidien en Corée du Nord. Avec un constat à la clé : le régime de Pyongyang traverse une période d’extrême pauvreté. « Les habits retrouvés sont très usés, rafistolés à la main de toutes parts avec des bouts de tissus différents, le pays ne semble pas parvenir à produire suffisamment de vêtements. »Le chercheur s’attarde sur chaque détail pouvant révéler une partie de la vie sous le régime de Kim Jong-un. « Il y a des bouteilles en plastique, collectées en général à la frontière chinoise, explique-t-il. Les gens peuvent ensuite les échanger contre du maïs. » Le ministère de l’unification affirme également avoir trouvé des bactéries habituellement présentes dans les selles humaines dans ce qui semble constituer du fumier. Une preuve que le régime, à court d’engrais, en viendrait à utiliser des déjections humaines.« Il faut toutefois prendre ces informations avec des pincettes, prévient Kang Dong-wan. Ces échantillons ont été envoyés par le régime nord-coréen, qui a sélectionné les ordures. Le fait d’avoir enlevé les étiquettes de certains produits montre qu’ils ne veulent pas qu’on puisse lire leurs composants. » Puis, après un temps, d’arrêt, le « professeur poubelle » ajoute : « D’un autre côté, il paraît étrange que le régime montre cette image dégradante de lui-même. »« Disney ou Hello Kitty »Si le pays fait face à une pauvreté extrême, aggravée par la fermeture des frontières depuis de la pandémie de Covid, Kang Dong-wan assure qu’il n’est pas aussi arriéré et déconnecté du reste du monde qu’on le pense. « Depuis le début de mon travail, j’ai pu récolter plein d’emballages de glaces avec beaucoup de parfums différents. » Et de préciser : « On distingue également beaucoup de contrefaçons de marques comme Disney ou Hello Kitty. » Pour le chercheur, celles-ci témoignent de l’importance des réseaux de contrebande internationale qui fournissent le pays avec des produits étrangers, bien présents dans le quotidien des Nord-Coréens.Kang Dong-wan garde méticuleusement dans son bureau chaque détritus ramassé. Ses « trésors », comme il les appelle, sont de précieux témoignages sur le pays le plus fermé au monde. « Aider les Nord-Coréens commence par comprendre leur quotidien », dit-il.



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