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En Arménie, Pachinian inflexible face au mouvement de contestation

by News7
En Arménie, Pachinian inflexible face au mouvement de contestation



L’archevêque Bagrat Galstanian devant le ministère arménien de l’intérieur pour demander la libération des manifestants détenus et la démission du premier ministre, Nikol Pachinian, à Erevan, le 29 mai 2024. KAREN MINASYAN / AFP Des milliers de personnes ont de nouveau manifesté, mercredi 12 juin à Erevan, en Arménie, pour exiger la démission du premier ministre, Nikol Pachinian. Une quarantaine de manifestants ont été arrêtés pour « avoir désobéi aux demandes légitimes de la police » et des dizaines ont été blessés après que la police a fait usage de grenades assourdissantes. Le mouvement de protestation a commencé en avril, lorsque le chef du gouvernement a accepté de rétrocéder à l’Azerbaïdjan quatre zones frontalières de la région de Tavouch, dans le cadre d’un accord controversé entre les deux anciennes républiques soviétiques sur la démarcation de leur frontière commune, considéré comme un préalable à un accord de paix plus global. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Arménie, une marche pour protester contre les concessions territoriales à l’Azerbaïdjan Ajouter à vos sélections Le 9 mai, quelque 40 000 personnes avaient manifesté à Erevan, soit le rassemblement le plus important depuis la « révolution de velours », en 2018, qui avait amené Nikol Pachinian au pouvoir. Mais, depuis, le nombre de manifestants a décru : le 9 juin, ils n’étaient plus que 20 000 devant le Parlement. Plusieurs analystes y voient le signe que le mouvement est dans une « impasse » et condamné à s’éteindre progressivement. Le leader des manifestations a un profil inhabituel : il s’agit d’un archevêque, Bagrat Galstanian, issu de la région du Tavouch. Le prélat, qui appelle à une « campagne nationale de désobéissance », dénonce « un processus de démarcation illégal » et des concessions « unilatérales ». « A terme, c’est toute l’Arménie qui est menacée », expliquait-il au Monde en avril. L’ecclésiastique, qui défile en soutane et grande croix autour du cou, assurait également que le mouvement n’était « pas religieux », tout en revendiquant comme principal slogan : « Arménien, Arménie, Patrie, Dieu. » Au fil des semaines, les revendications de Bagrat Galstanian ont évolué. Il n’exige plus seulement l’arrêt du processus de démarcation, mais aussi la démission de Nikol Pachinian, lequel reste inflexible malgré une popularité en baisse. Lundi 27 mai, l’archevêque a temporairement renoncé à ses fonctions cléricales afin de pouvoir briguer le poste de premier ministre. Selon la loi arménienne, il ne peut toutefois pas se présenter en raison de sa double nationalité arménienne et canadienne. Rien ne l’empêche de renoncer à sa nationalité canadienne, mais le processus est long. « Arrêter le cercle vicieux » Selon Benyamin Poghosyan, chercheur à l’Applied Policy Research Institute of Armenia, à Erevan, « ce mouvement traduit la colère croissante de la société depuis la guerre des quarante-quatre jours au Haut-Karabakh », à l’automne 2020. L’annonce d’un accord pour la restitution des terres autour de Tavouch, sans contrepartie, a été « la goutte de trop » après la défaite écrasante de l’Arménie en 2020, suivie de l’occupation d’une partie de son territoire souverain, le blocus de neuf mois imposé au Haut-Karabakh, l’offensive militaire azerbaïdjanaise en septembre 2023, l’exode forcé des 120 000 Arméniens qui vivaient dans l’enclave et la chute de la République autoproclamée. « Les gens se disent qu’il faut faire quelque chose pour arrêter le cercle vicieux. Mais, comme ils n’ont pas confiance dans les partis politiques, Bagrat Galstanian fait figure d’alternative : il est là au bon moment, au bon endroit. » Il vous reste 47.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



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