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En Birmanie, la junte en pénurie de soldats voudrait muscler le service militaire

by News7
En Birmanie, la junte en pénurie de soldats voudrait muscler le service militaire



La junte militaire birmane fait des cauchemars. Et sa décision ce week-end d’imposer un service militaire obligatoire d’au moins deux ans pour les hommes et les femmes de 18 à 35 ans en est la preuve la plus éclatante. Le communiqué du ministère de la défense a annoncé qu’il devait encore « publier les règlements, procédures, ordres, notifications et instructions nécessaires », mais cela confirme une volonté déjà annoncée de prendre des mesures drastiques concernant la conscription, afin de former des milices spéciales sous les ordres de l’armée régulière. Reste à savoir si les futurs conscrits se rendront à leur convocation, ou bien s’ils fuiront dans les territoires tenus par les guérillas.« Ces jeunes seront de la chair à canon pour la junte »« Quand j’ai lu cette information, j’ai tout de suite dit à mon fils de 25 ans d’aller rejoindre le maquis dans le nord du pays pour éviter la conscription », témoigne sur messagerie cryptée Mo, journaliste à Mandalay, seconde ville du pays. « Plusieurs de mes amis, professeurs, instituteurs ou chercheurs craignent que ces jeunes enrôlés ne soient que de la chair à canon pour les généraux », raconte-t-il encore, très inquiet de cette décision qu’il qualifie d’« inhumaine et folle ».« Cela ne présage rien de bon pour la jeunesse birmane, assure un diplomate européen en poste durant plusieurs années à Rangoun, mais cela trahit surtout une grande nervosité au sein de l’armée birmane, qui semble débordée par les puissantes offensives menées par différentes guérillas sur toutes les frontières du pays. » La Birmanie est dans la tourmente depuis le putsch militaire du 1er février 2021, qui a renversé la dirigeante Aung San Suu Kyi et a mis fin à une parenthèse démocratique de dix ans. L’ancienne dirigeante purge une condamnation de plus de vingt ans de prison, pour des accusations jugées sans fondement par les groupes de défense des droits humains.Deux millions de civils déplacés par la guerreAucune issue pacifique ne semble se dessiner, alors que les combats ont déplacé plus de 2 millions de civils selon l’ONU, et que la répression des contestataires a entraîné plus de 4 500 morts et plus de 26 000 arrestations, selon un groupe local de surveillance. Tatmadaw, nom birman de l’armée régulière, s’épuise depuis trois ans à lutter contre les dizaines de milices armées constituées de jeunes militants pro-démocratie qui ont pris le maquis dans diverses régions du pays.Leur offensive coordonnée a infligé une série inédite de revers à la junte dans l’État Shan (Nord), une région proche de la frontière chinoise. Équipés de bombes rudimentaires larguées depuis des drones civils modifiés, ces combattants se sont emparés de nombreuses bases militaires. Des milliers de soldats se sont rendus et certains ont fui en Inde et en Chine, ce qui a provoqué des critiques inhabituelles parmi les soutiens de l’armée.Les affrontements se poursuivent dans d’autres régions de ce pays d’Asie du Sud-Est, notamment dans l’État de Rakhine, dans l’Ouest, où l’Armée d’Arakan (AA) a affirmé le 25 janvier avoir pris le port de Pauktaw et plusieurs positions près de la frontière indienne. Les défaites de l’armée ont galvanisé les groupes armés pro-démocratie qui poursuivent leurs assauts, en dépit de moyens sommaires face à une armée soutenue par la Chine et la Russie. Selon des sources militaires ayant requis l’anonymat, le moral est à l’inverse au plus bas au sein de l’armée, y compris chez les gradés.



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