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« Je n’avais pas le droit de parler taïwanais à l’école »

by News7
« Je n’avais pas le droit de parler taïwanais à l’école »



« Dans les années 1950 et 1960 sous la dictature de Tchang Kaï-chek je n’avais pas le droit de parler taïwanais à l’école », se souvient Liu Kuang-neng, professeur de littérature et de cinéma à la prestigieuse Université nationale de Taïwan, aujourd’hui à la retraite. « Plus humiliant encore, en public lorsque je pouvais parler taïwanais, je me sentais inférieur, il fallait parler le mandarin du continent pour être respecté. » Une langue étrangère imposée par les deux millions de civils et de soldats nationalistes ayant perdu la guerre contre les communistes de Mao Zedong et qui se sont repliés en 1949 à Taïwan. Le « généralissime » Tchang Kaï-chek prend le pouvoir, décrète la loi martiale et impose une « sinisation » générale à la majorité de la population taïwanaise installée ici depuis le XVIIe siècle. Comme les parents de Liu Kuang-neng, « débarqués des provinces chinoises du Guangdong et du Fujian en 1726. Mon éducation a été “chinoise continentale” sans la dimension communiste », conclut Liu. « L’identité taïwanaise a été une lente construction culturelle »À l’époque, le concept même d’identité taïwanaise n’existe pas. La vingtaine de millions d’habitants de l’île, devenue la République de Chine (RDC) de Tchang Kaï-chek, par opposition à la République populaire de Chine (RPC) de Mao, était considérée comme des Chinois ethniques. « L’identité taïwanaise a été une lente construction culturelle forgée par les tempêtes politiques de l’histoire de l’île », analyse avec justesse Jean-Yves Heurtebise, professeur de philosophie à l’Université catholique de Fujen à Taipei, rappelant les multiples colonisations de l’île depuis l’arrivée des Portugais au XVIe siècle, des Espagnols et des Néerlandais au XVIIe siècle. Avant de devenir, en partie seulement, une province chinoise sous la dynastie des Qing en 1887, quelques années avant la cession de « Formose » aux Japonais en 1895.« Aujourd’hui je me sens totalement taïwanais »« Taïwan n’est vraiment pas un pays normal », soupire M. Lee, 70 ans, issu d’une famille de pêcheurs depuis plus de dix générations sur l’archipel de Penghu situé au cœur du détroit de Taïwan. « Mes grands-parents parlaient la langue taïwanaise jusqu’à l’arrivée des Japonais à la fin du XIXe siècle, où ils ont dû étudier la langue japonaise du colonisateur. Mes parents eux aussi ont été éduqués à la japonaise avant d’être une nouvelle fois colonisés par l’administration nationaliste de Tchang Kaï-chek qui a imposé le mandarin. Enfin, ma femme et moi avons vécu la transition du mandarin au taïwanais à partir des années 1990, lorsque Taïwan s’est métamorphosé en démocratie dirigée par des Taïwanais. »Il reprend à peine son souffle après avoir compté les différentes générations sur ses doigts et il s’affirme aujourd’hui, comme ses enfants, « totalement taïwanais, sans comparaison possible avec l’identité chinoise du continent ».70 % de la population se dit taïwanaise aujourd’hui, contre 20 % en 1995« Se définir taïwanais n’est pas chose facile », relève toutefois Cheng Chia-ching, directeur du Centre de l’Union européenne à Taïwan, dont les parents sont arrivés à Taïwan en 1950 après la débâcle des Nationalistes sur le continent. « Moi je me sens un peu chinois et un peu taïwanais », reconnaît-il, un peu mal à l’aise, presque honteux de se dire un peu chinois. Comme Liu de se dire « taïwanais » dans les années 1960… De fait aujourd’hui, plus de 70 % de la population de l’île se dit « taïwanaise » (contre 20 % en 1995) et 30 %, « chinoise et taïwanaise ». Une augmentation en flèche qui a accompagné la démocratisation politique de Taïwan depuis les années 1990 et qui s’est encore cimentée après les deux mandats de l’actuelle présidente Tsai Ing-wen. Pour Cheng, « il ne fait aucun doute que les agressions et les menaces militaires chinoises n’ont fait qu’accélérer et renforcer la revendication identitaire taïwanaise ». Insoluble dans la culture communiste chinoise de Xi Jinping, rejetée par l’immense majorité des… Taïwanais.



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