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La Corée du Sud, championne de la dénatalité

by News7
La Corée du Sud, championne de la dénatalité



Chronique. La chute de la natalité concerne la plupart des pays développés d’Asie orientale et d’Europe, et se traduit par un vieillissement accéléré de la population. Mais c’est en Corée du Sud que l’ampleur du phénomène est la plus forte : en 2021, le taux de fécondité totale (le nombre total d’enfants par femme en âge de procréer) y était de 0,81, contre 1,16 en Chine, 1,19 en Espagne, 1,25 en Italie, 1,3 au Japon, 1,58 en Allemagne et 1,8 en France. Et surtout que cette situation est durable : le taux de fécondité y est inférieur à 1,3 depuis deux décennies. Ce point est essentiel, car la baisse de la fécondité dans les pays développés est souvent analysée comme résultant du fait que les femmes ont tendance à repousser le moment où elles donnent naissance, sans pour autant avoir moins d’enfants par rapport aux générations des décennies précédentes. Le caractère non transitoire de la situation coréenne semble montrer, à l’inverse, que le nombre moyen d’enfants par femme a tendance à fortement diminuer sur le moyen-long terme pour des raisons diverses et successives dans le temps. C’est ce que montre une étude menée sur plusieurs générations de femmes coréennes par Jisoo Hwang, professeure d’économie de l’Université nationale de Séoul (« Later, Fewer, None ? Recent Trends in Cohort Fertility in South Korea », Demography n° 60/2, 2023). Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Hongkong atteint le taux de fécondité le plus bas du monde Le principal résultat est de mesurer précisément l’évolution des causes de cette faible fécondité. En résumé, la génération des femmes nées dans les années 1960 se marie mais a moins d’enfants que les générations précédentes ; lui succède une génération dont le taux de mariage est beaucoup plus faible ; et, enfin, la génération née dans les années 1980 est caractérisée par un plus grand nombre de femmes sans enfants, même quand elles sont mariées. Coûts d’éducation et de logement Un autre résultat concerne l’impact du niveau d’éducation. Classiquement, les femmes plus éduquées font moins d’enfants. Mais ce n’est plus le cas dans la plupart des pays les plus avancés, où les femmes plus éduquées sont celles qui retardent le plus la naissance des enfants… sans en avoir moins pour autant. La Corée du Sud fonctionne, là encore, différemment ; ce sont les femmes les moins éduquées et les femmes les plus éduquées qui ont le taux de fécondité le plus faible ! Lire aussi la chronique : Article réservé à nos abonnés « En matière de démographie, la politique ne peut pas tout » L’approche par cohorte permet à Jisoo Hwang, suivant en cela l’esprit des travaux de la Prix Nobel d’économie 2023 Claudia Goldin, d’approfondir notre compréhension des changements de fécondité en les situant dans le contexte socio-économique de chaque génération. En bref, la situation extrême en Corée s’explique en partie par les coûts d’éducation et de logement, extrêmement élevés, mais aussi par la dégradation des conditions de stabilité d’emploi et de salaires pour une partie de la jeunesse, qui n’a plus les moyens de fonder une famille. Il vous reste 20% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



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