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« Le marché automobile chinois en mode concours Lépine »

by News7
« Le marché automobile chinois en mode concours Lépine »



Vous êtes sur la route, il se fait tard et le sommeil gagne. Pas de problème si vous êtes à bord du XPeng G9. On appuie sur un bouton, et automatiquement les sièges s’inclinent et se retrouvent coiffés d’un épais matelas deux places. Mais on peut aussi opter pour le Polestones 01, dont le hayon renferme une cuisine complète qui se déploie, avec cuiseur à induction et distributeur d’eau. Si vous êtes plutôt technophile, le YangWang U8 de BYD se transforme en porte-avions avec un drone sur le toit qui prend son envol et vient filmer la voiture dans son environnement. Lire aussi : Article réservé à nos abonnés BYD, le constructeur chinois de voitures électriques lancé à la conquête de l’Europe Ajouter à vos sélections Face à un marché chinois toujours plus maussade, les constructeurs rivalisent d’imagination pour attirer le chaland vers leurs modèles qu’ils ont de plus en plus de mal à vendre. Une sorte de concours Lépine du gadget le plus original, que nous rapporte l’agence Bloomberg. Et, dans ce domaine, force est de reconnaître la puissance innovatrice de l’industrie automobile de l’empire du Milieu. Et sa montée en gamme. Les voitures citées plus haut sont toutes de gros SUV. BYD, Geely et les autres n’hésitent plus à présenter des modèles dépassant les 70 000 euros, voire les 140 000 euros pour le YangWang porte-avions de BYD. Comme une tentative de réinvention du premium automobile, spécialité des constructeurs allemands. Au bord de la panique Le Polestones, lui, fait 5 mètres de long et pèse 3 tonnes. Mais son constructeur vise le marché naissant du camping occasionnel. Le groupe Geely, propriétaire de Volvo, entre autres, imagine pour sa part une voiture pour partir à la pêche, avec canne et hameçon intégrés, et capable d’informer en temps réel sur les meilleurs spots. Cela rappelle l’engouement, dans les années 1960 en Europe, pour le plein air, mais avec des véhicules qui ne prétendaient pas au même luxe. La Chine est joueuse aussi, et tout est bon pour la distraire. BYD propose ainsi un volant qui peut se détacher (à l’arrêt) pour se transformer en manette de jeux, de même que les pédales de la voiture. Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Sur le marché automobile chinois, le grand bond de l’électrique Ajouter à vos sélections Mais la créativité a ses limites économiques. Cette euphorie automobile est aussi la marque d’un secteur au bord de la panique : il a de plus en plus de mal à vendre ses voitures et les constructeurs disparaissent les uns après les autres. On en comptait près de 500 en 2019 dans le pays, il n’en reste plus qu’une centaine, et c’est encore beaucoup trop. Les cours en Bourse des constructeurs, comme Geely, Li Auto ou Nio, sont malmenés sur les marchés. D’autant qu’à la baisse des ventes, qui a démarré quand le gouvernement a arrêté les subventions aux voitures électriques, à la fin de l’année 2022, s’ajoutent désormais les menaces à l’export. Elles ont commencé par le programme de subventions aux voitures et batteries produites sur le sol américain et se sont poursuivies avec l’enquête de la Commission européenne sur d’éventuelles aides d’Etat. Transformer les voitures en chambres ou en salles à manger ne suffira pas à nourrir la pléthorique industrie automobile chinoise, ni à calmer l’inquiétude occidentale.



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