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L’économie mondiale menacée par la fragmentation géopolitique

by News7
L’économie mondiale menacée par la fragmentation géopolitique



Au terminal de conteneurs d’Aomi, dans le port de Tokyo, le 22 mai 2024. RICHARD A. BROOKS / AFP Fondé en 2009, le site Internet Global Trade Alert traque toutes les mesures protectionnistes prises dans le monde. Depuis le début de la guerre tarifaire lancée par l’ancien président américain Donald Trump contre la Chine, en 2017, les courbes donnent le vertige. Le nombre de nouvelles mesures protectionnistes s’est envolé, passant de 2 869 en 2017, à près de 6 000 en 2020 avant de se tasser à 4 493 en 2023. Et la liste des motifs invoqués ne cesse de s’allonger : sécurité nationale, normes sanitaires, lutte contre le changement climatique, sécurité alimentaire, etc. Après l’hypermondialisation du début des années 2000 et le ralentissement qui a suivi la crise financière de 2008-2009, le mouvement de libéralisation des échanges s’est grippé. De nombreux indicateurs en témoignent. Les restrictions aux investissements étrangers ont triplé depuis 2018 et les montants des investissements sont en moyenne 2,5 fois plus élevés entre des pays partageant les mêmes affinités géopolitiques. La part de la Chine dans les importations américaines a baissé de 8 % entre 2017 et 2023, et le commerce entre la Russie et l’Occident s’est effondré à partir de 2022. A cela s’ajoute la multiplication des sanctions, notamment celles prises contre la Russie au lendemain de l’invasion de l’Ukraine. Et pourtant, l’économie n’est pas en phase de « démondialisation ». Car en dépit de la montée du protectionnisme, le commerce mondial continue de progresser, même s’il devrait connaître une faible croissance, de 2,6 % en 2024. Les flux de marchandises et d’investissements étrangers suivent plutôt, et ce pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, des trajectoires divergentes entre pays, selon qu’ils sont alliés ou rivaux. « Un monde plus pauvre et plus dangereux » Dans ses dernières prévisions publiées en avril, le Fonds monétaire international (FMI) s’inquiète d’une « fragmentation géoéconomique » qui, si elle s’intensifie, « pourrait réduire les flux d’investissements étrangers, ralentir le rythme de l’innovation et de l’adoption des nouvelles technologies, limiter les échanges de produits de base entre blocs rivaux, ce qui entraînerait une baisse de la production et une volatilité des prix ». « Céder aux forces de la fragmentation géoéconomique donnera naissance à un monde plus pauvre et plus dangereux », a mis en garde, dès 2022, Kristalina Georgieva, la directrice du FMI, qui a calculé qu’elle pourrait coûter entre 0,2 % et 7 % du PIB mondial. Lire aussi l’entretien : Article réservé à nos abonnés Pour la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, « nous avons trop longtemps insisté sur les bénéfices de la mondialisation » Ajouter à vos sélections Les biens continuent de s’échanger sur la planète, mais ils prennent des chemins détournés pour contourner les restrictions et barrières douanières, surtout entre la Chine et les Etats-Unis. Lorsque la part d’un pays dans les importations américaines augmente de 1 %, sa part dans les exportations chinoises augmente également de 1,6 %. Conclusion du FMI : « Il est de plus en plus évident que les liens directs entre les Etats-Unis et la Chine sont tout simplement remplacés par des liens indirects. » Ainsi, certaines marchandises originaires de l’empire du Milieu passent désormais par le Mexique ou le Vietnam, avant de partir pour le marché américain. Il vous reste 30.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



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