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Les Nord-Coréens, esclaves modernes des usines de transformation du poisson en Chine

by News7
Les Nord-Coréens, esclaves modernes des usines de transformation du poisson en Chine



En février 2023, Donggang Jinhui Food, une société de transformation de produits de la mer, située à Dandong, à la frontière avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC), a organisé une grande fête. Elle célébrait une année faste : la compagnie avait inauguré une nouvelle usine dans la ville, et elle avait doublé ses exportations de calamars vers les Etats-Unis. Des vidéos de l’événement, postées sur Douyin (la version chinoise de TikTok), montraient les chanteurs, les musiciens, les danseurs, les feux d’artifice et les lumières stroboscopiques. Un élément crucial pour expliquer le succès de Donggang Jinhui Food est son recours à la main-d’œuvre nord-coréenne, envoyée par Pyongyang dans les usines chinoises ; une force de travail taillable et corvéable à merci, permettant à la Corée du Nord, isolée internationalement, de recevoir des devises bien utiles. Les vidéos diffusées par la société chinoise montrent des machines avec des indications en coréen, et des ouvriers expliquant, toujours en coréen, comment nettoyer et peser les calamars. Lors de la fête de février 2023, des chansons, populaires à Pyongyang, ont été jouées, comme Le peuple apporte la gloire à notre Parti (écrite par un lauréat de poésie nord-coréen, en 1989) ou Nous irons au mont Paektu (référence au lieu de naissance largement mythologique de Kim Jong-il, dirigeant du pays de 1994 à 2011). Dans le public, des dizaines d’ouvriers dansaient au rythme de la musique, applaudissant et agitant des drapeaux nord-coréens miniatures. Dans l’une des vidéos projetées lors de l’événement, on peut voir également des images prises par drone de l’enceinte fortifiée de 10 hectares et demi, comprenant des installations de transformation et des entrepôts frigorifiques, ainsi que des dortoirs de six étages pour les ouvriers. L’expansion de l’entreprise sur le marché occidental y était mise en valeur, et on y exhibait un large éventail de certifications de pays occidentaux, émanant de labels comme Marine Stewardship Council et Sedex, censés vérifier l’absence d’abus sur les lieux de travail. Un négociant qui travaille avec l’entreprise chinoise estime qu’elle emploie actuellement entre cinquante et soixante-dix travailleurs nord-coréens. Les artistes présents à la fête portaient les couleurs de la RPDC, et le drapeau du pays flottait derrière eux. Quand les images ont été mises en ligne, un commentateur – probablement déconcerté, car l’emploi par les entreprises chinoises d’une main-d’œuvre nord-coréenne viole les sanctions des Nations unies – a demandé : « N’avez-vous pas l’interdiction de filmer cela ? » Il vous reste 92.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



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