News7News 7
HomeNewsNankin, 1937-1938 : autopsie japonaise d’un massacre

Nankin, 1937-1938 : autopsie japonaise d’un massacre

by News7
Nankin, 1937-1938 : autopsie japonaise d’un massacre



Le Massacre de Nankin, décembre 1937-mars 1938de Kasahara TokushiMaisonneuve § Larose/hémisphères Éditions Collection Asie en perspective 271 p., 22 €Un livre incontournable pour les passionnés d’Histoire. « Il constitue, à l’heure actuelle, la synthèse la plus précise de l’état des connaissances sur l’un des grands paroxysmes de violence de la Seconde Guerre mondiale », annonce d’emblée dans son introduction Christian Ingrao, chercheur au CNRS et à l’Institut des hautes études en sciences sociales (IHESS). Parmi les grandes horreurs de l’histoire contemporaine, le « massacre de Nankin » fait pourtant encore figure d’énigme.Longtemps, les sources chinoises ou japonaises, difficilement accessibles, n’ont pas permis de disséquer les mécanismes qui ont amené à la mort 200 000 Chinois entre décembre 1937 et mars 1938 : soldats au combat, prisonniers, mais aussi civils, personnes âgées, femmes (dont des dizaines de milliers violées avant d’être décapitées au sabre) et enfants. Une folie meurtrière. Une spirale incontrôlée de la violence par les hiérarchies divisées et en compétition.Une œuvre courageuseAuteur d’une quinzaine d’ouvrages sur cet « incident de Nankin », l’historien japonais Kasahara Tokushi a réussi à faire une analyse et un récit précis du processus incontrôlé qui a mené à ce drame. Son ouvrage Le Massacre de Nankin, décembre 1937-mars 1938 est pour la première fois traduit en français par Arnaud Nanta, spécialiste d’histoire du Japon moderne et contemporain, directeur de recherche au CNRS. Un ouvrage riche en témoignages, documents d’époque, lettres de soldats…Il aura fallu plusieurs décennies de travail et de recherche pour parvenir à publier un tel travail portant sur un sujet longtemps tabou au Japon, et faisant l’objet de controverses avec les milieux négationnistes. Les polémiques se poursuivent encore aujourd’hui, mais il est réconfortant de savoir que le Japon a fait œuvre de mémoire sur les massacres perpétrés par les armées impériales japonaises en Chine et en Asie depuis 1937 jusqu’à la fin de la guerre, en août 1945.Pour autant, en dépit des nombreuses excuses du Japon à la Chine et à la Corée du Sud, les positions des différents gouvernements japonais n’ont cessé de fluctuer dans le temps, rendant ces excuses peu convaincantes, ou du moins perçues comme peu sincères. Aux yeux des Européens, qui ont vu le chemin accompli par l’Allemagne pour condamner les horreurs du nazisme, les blessures de la guerre japonaise en Asie sont encore loin d’être cicatrisées. Mais un ouvrage comme celui de Tokushi témoigne d’une véritable volonté intellectuelle de ne rien occulter. Et même, d’une certaine façon, de condamner le chapitre de Nankin dans l’Histoire.



Source link

You may also like

12345678............................................................................................................................................+