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En Corée du Sud, l’interdiction de la viande de chien pousse les éleveurs à se reconvertir

by News7
En Corée du Sud, l’interdiction de la viande de chien pousse les éleveurs à se reconvertir



« Avant, il y avait près de 200 chiens ici », se souvient Yang Jong-tae en montrant le lopin de terre derrière sa maison à Asan. En mars 2023, cet agriculteur de 74 ans a pris, selon lui, la meilleure décision de sa vie : arrêter l’élevage de chiens pour leur viande. Aujourd’hui, les choux ont remplacé les cages dans lesquelles les meilleurs amis de l’homme s’entassaient avant de partir à l’abattoir. Le gouvernement sud-coréen souhaite mettre un terme à la consommation de viande de chien d’ici à la fin de l’année. Une pratique ancienne dont l’interdiction fait débat depuis les années 1980. S’il y a longtemps eu un manque de consensus, désormais le projet fait l’unanimité sur les bancs de l’Assemblée nationale.87 % des Sud-Coréens ne souhaitent plus manger de soupe de chienEn réalité, la viande canine a déjà été retirée de la liste officielle des animaux d’élevage, sans qu’elle soit interdite. Dans un flou juridique, éleveurs et restaurateurs pouvaient continuer leurs activités avec une grande absence de régulation. Le projet de loi gouvernemental vise à proscrire l’élevage de chiens pour leur consommation, de quoi couper le problème à la racine.Avec l’extrême pauvreté des années d’après-guerre (1950-1953), manger du chien était une nécessité pour beaucoup en Corée du Sud. Mais aujourd’hui, les mentalités ont changé. De plus en plus de Sud-Coréens ont un chien comme animal de compagnie et en consommer est considéré comme rétrograde. D’après un récent sondage, 87 % des Sud-Coréens ne souhaitent plus manger de soupe de chien.« Une honte » d’élever des chiens pour les mangerSi l’on compte encore 1 156 élevages et 1 600 restaurants canins en Corée du Sud, leur nombre ne cesse de baisser chaque année. Face à la fin d’une vieille pratique et au crépuscule de leur profession, il leur faut s’adapter. Rares sont les établissements qui n’ont pas déjà diversifié leur carte avec des plats plus conventionnels. Quant aux éleveurs, beaucoup envisagent de changer d’activité. Si le projet de loi inclut une aide financière pour faciliter la transition, certains ont déjà commencé leur nouvelle vie avec le soutien d’associations comme Humane Society.«Cela faisait vingt-cinq ans que j’élevais des chiens, explique Yang Jong-tae, mais cela devenait de plus en plus difficile. » Alors qu’il y a quelques dizaines d’années la consommation atteignait plusieurs millions de bêtes par an, le nombre de chiens abattus aujourd’hui avoisine les 500 000. Une baisse de revenu ressentie par beaucoup d’éleveurs comme M. Yang. À cela s’ajoute le regard des autres. «C’est devenu une honte, j’avais peur de parler de mon travail aux gens du village », confie-t-il. Yang Jong-tae s’est finalement rapproché de Humane Society pour changer d’activité.« J’aimais mes chiens, je ne voulais pas les piquer, et l’organisation les a pris en charge pour les reloger, cela me semblait une bonne solution », raconte-t-il. Après de longues consultations pour définir sa prochaine activité, ses 500 mètres carrés de terrain sont devenus un champ sur lequel poussent ses légumes tout au long de l’année. «L’association m’a beaucoup aidé, assure-t-il. Ils m’ont financé et soutenu dans ma reconversion. »Trouver un toit pour les chiensLe projet de loi du gouvernement donne la possibilité aux éleveurs comme Yang Jong-tae de recevoir une aide similaire pendant quatre ans avant que l’interdiction ne s’applique, en 2027. «En l’état actuel des choses, les éleveurs n’ont pas d’autre choix que de faire euthanasier leurs chiens, s’ils n’ont pas d’endroit où les envoyer », explique Kim Do-hee, directrice de l’Institut de recherche sur les politiques de libération des animaux.Souvent considérés comme des chiens de seconde zone, peu d’entre eux sont adoptés. «Il est important d’assumer la responsabilité de la vie de ces chiens », poursuit-elle. Sur ce sujet, Borami Seo, de l’association Humane Society, a beaucoup œuvré avec les députés dans l’élaboration du texte de loi. «Les autorités vont travailler avec des organisations locales pour dresser ces chiens et essayer de leur trouver un nouveau toit, mais cela va s’étaler sur plusieurs années », explique-t-elle.



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