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En Corée du Sud, une grève des médecins provoque le chaos dans les hôpitaux

by News7
En Corée du Sud, une grève des médecins provoque le chaos dans les hôpitaux



Une réunion des médecins internes dans le bâtiment de l’Association médicale de Corée à Séoul, le mardi 20 février 2024. AHN YOUNG-JOON / AP Le bras de fer entre le gouvernement et le monde médical sud-coréens autour du projet d’augmentation du numerus clausus tourne au chaos : les autorités ont élevé, jeudi 22 février, à « grave » le niveau d’alerte sanitaire, tant se font sentir les perturbations de l’activité hospitalière provoquées par une grève impopulaire lancée par les médecins. Ces derniers protestent contre le projet d’augmenter en 2025 le nombre d’étudiants en médecine – de 3 058 actuellement à un peu plus de 5 000. Les médecins dénoncent une décision prise sans concertation, susceptible de provoquer un afflux soudain de praticiens mal formés. La colère est particulièrement vive chez les internes, qui ont déclenché un vaste mouvement de protestation : le 21 février, selon le ministère de la santé, 9 275, soit 74,4 % d’entre eux, avaient présenté leurs démissions aux hôpitaux – qui n’ont pas été acceptées – et cessé leurs activités. Joo Soo-ho, porte-parole de l’Association médicale de Corée (KMA), a accusé le gouvernement de « diaboliser les médecins ». Le mouvement a gagné les écoles de médecine. Résultat, cinq grands hôpitaux de Séoul, dont le Centre médical Samsung, l’hôpital Severance et le centre hospitalier de l’université nationale de Séoul, ont réduit de moitié leurs activités. Les services d’urgence refusent des patients. Hôpitaux militaires ouverts aux civils Le gouvernement a dû ouvrir aux civils les hôpitaux militaires et de la police et prolonger les heures d’ouverture des institutions médicales publiques. Conformément à la législation sur l’activité médicale, il a ordonné aux médecins de reprendre le travail. Ceux qui refusent s’exposent à trois ans de prison ou 30 millions de wons (20 800 euros) d’amende, voire une révocation de leur licence médicale. Le ministre de la justice, Park Sung-jae, les a accusés de protéger « leurs intérêts personnels ». La pénurie de personnel médical est un problème ancien en Corée du Sud, qui compte 2,6 médecins et 8,8 infirmières pour 1 000 habitants, contre 3,7 et 9,2 en moyenne dans les pays développés de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Or, 90 % des médecins exercent en ville. Le gouvernement anticipe un manque de 15 000 praticiens d’ici à 2035, dans un pays au vieillissement accéléré. Les zones rurales seraient les plus touchées. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La Corée du Sud, championne de la dénatalité Ajouter à vos sélections En août 2020, le président progressiste, Moon Jae-in (2017-2022), avait proposé d’augmenter de 4 000 en dix ans le nombre de postes de médecins. Alors que le pays était en pleine pandémie de Covid-19, les médecins avaient fait grève et obtenu l’annulation du projet. En 2023, ils ont convaincu le nouveau président conservateur, Yoon Suk Yeol, de bloquer l’adoption d’une loi élargissant les prérogatives des infirmières, à laquelle ils s’opposaient. Le gouvernement a par ailleurs augmenté les honoraires des médecins dans les services tels que la pédiatrie, l’obstétrique et la médecine d’urgence. Il vous reste 39.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



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