Home News En Inde, des élections générales sur fond de manœuvres et de soupçons

En Inde, des élections générales sur fond de manœuvres et de soupçons

by News7
En Inde, des élections générales sur fond de manœuvres et de soupçons



Le commissaire électoral en chef de l’Inde, Rajiv Kumar, lors de la Commission électorale de l’Inde, à New Delhi, le 16 mars 2024. SAJJAD HUSSAIN / AFP Les élections générales en Inde auront lieu du 19 avril au 1er juin, étalées en sept phases pour faire voter près d’un milliard d’Indiens. Ces dix-huitièmes élections législatives de la jeune république indienne sont un exercice à l’échelle du pays, l’un des pays les plus peuplés au monde. Quelque 970 millions d’électeurs vont être appelés successivement aux urnes, selon leur région, pour élire les 543 députés de la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement. « Il s’agit du plus grand exercice logistique en temps de paix au monde », a commenté le président de la commission électorale, Rajiv Kumar. Il va mobiliser 15 millions d’agents électoraux pour mettre en place un million de bureaux de vote, acheminer les machines électroniques jusque dans les régions les plus reculées, car la loi prévoit que les électeurs ne soient pas éloignés de plus de deux kilomètres d’un isoloir. Les résultats seront annoncés le 4 juin. Au-delà de la logistique, l’enjeu de ces élections est considérable. Après dix années au pouvoir, Narendra Modi, 73 ans, veut non seulement conquérir un troisième mandat mais aussi obtenir une majorité qualifiée. L’opposition redoute qu’il ne veuille modifier la Constitution de 1950 et instaurer un régime différent de celui légué par les fondateurs après l’indépendance. Le premier ministre indien sortant s’est fixé, avec ses alliés, un seuil de 400 députés, contre 350 élus en 2019, ce qui lui permettrait d’atteindre la majorité des deux-tiers requise pour modifier la Constitution. Ses ambitions nourrissent un peu plus les doutes sur la transparence des élections et sur l’organisme chargé de les organiser. Violation du droit des électeurs La commission électorale a annoncé les dates du scrutin avec retard, après des manœuvres de dernière minute sur la composition de cette structure indépendante, l’un des piliers de la démocratie indienne, garante du bon déroulement du scrutin et de l’équité entre candidats. Deux des trois membres de la commission ont été remplacés au dernier moment. Le dernier n’a donné aucune explication. Le Congrès, principal parti d’opposition, accuse le gouvernement de « décimer systématiquement les institutions indépendantes ». Les deux nouveaux entrants ont été nommés en vertu d’une loi controversée, adoptée par le Parlement en décembre 2023, qui donne un avantage au gouvernement dans le choix des commissaires. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La Cour suprême indienne invalide le financement des partis inventé par Narendra Modi Ajouter à vos sélections La campagne s’ouvre en plein scandale du système des « bons électoraux » mis en place par Narendra Modi en 2017 pour financer les partis politiques. Déclaré inconstitutionnel par la Cour suprême le 15 février, il a permis à des entreprises d’acheter anonymement et sans limite des titres auprès de la State Bank of India, que la banque reversait ensuite aux bénéficiaires. La haute juridiction a estimé que la source et les autres détails de ce financement ont été cachés au public, en violation du droit fondamental des électeurs à l’information et de leur droit à faire un choix éclairé avant de voter. Il vous reste 40.51% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

You may also like