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Joe Biden et Xi Jinping en mission conjointe de déminage

by News7
Joe Biden et Xi Jinping en mission conjointe de déminage



« Dé-risquer », c’est le terme en vogue utilisé à Washington pour résumer la politique américaine envers la Chine. En clair, plutôt que couper toute relation avec le rival, le but est de minimiser les dangers liés à sa montée en puissance économique et militaire. C’est dans cet esprit que la Maison-Blanche aborde ce mercredi 15 novembre, à San Francisco, la rencontre entre Joe Biden et son homologue Xi Jinping, en marge du sommet de l’Apec (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique).Envoyer un signal positifPlusieurs dossiers importants sont au menu des discussions : la gestion des crises internationales, le climat, les questions commerciales. Mais pour les États-Unis, l’objectif principal est surtout de montrer que les deux rivaux sont capables de dialoguer au moment où le monde est secoué par les guerres au Proche-Orient et en Ukraine. « Ce n’est plus la relation sino-américaine d’il y a cinq ou dix ans. Il n’y a pas de longues listes d’objectifs et de mesures à annoncer, a prévenu un haut responsable de la Maison-Blanche, lors d’un appel avec la presse, lundi 13 novembre. Notre but, c’est de gérer la concurrence, prévenir les risques de conflit et garantir l’ouverture des canaux de communication. »« Ce genre de rencontre n’est pas inhabituel pendant les sommets de l’Apec. Ce qui l’est, c’est le contexte : les relations entre les États-Unis et la Chine sont très mauvaises, ajoute Vinnie Aggarwal, professeur de sciences politiques et directeur d’un centre d’études sur l’Apec à l’université Berkeley (Californie). Il ne faut pas s’attendre à un revirement majeur, mais plutôt à des coopérations pour restaurer la confiance. Cela enverra un signal positif aux membres de l’Apec, inquiets des tensions entre les deux pays. »Rétablir les moyens de communication militairesParmi les espoirs du côté des États-Unis : obtenir le rétablissement des moyens de communication militaires avec la Chine, presque complètement rompus en août 2022 en représailles de la visite à Taïwan de la démocrate Nancy Pelosi, alors « speaker » de la Chambre des représentants. Objectif : éviter tout malentendu lié aux manœuvres des armées dans le Pacifique. Les deux États doivent également annoncer un accord sur le fentanyl, cet opioïde fabriqué en Chine qui fait des ravages outre-Atlantique.Cela ne veut pas dire que l’ambivalence américaine vis-à-vis du géant asiatique, vu à la fois comme un partenaire et une menace, disparaîtra. Alors que les deux puissances partagent des liens économiques forts (plus de 758 milliards de dollars de biens et services échangés en 2022), le gouvernement Biden n’a toujours pas levé les taxes sur les importations chinoises imposées par Donald Trump pendant sa présidence. Inquiet de ses velléités expansionnistes, notamment vis-à-vis de Taïwan, Washington limite aussi les exportations de produits technologiques américains susceptibles de renforcer la force de frappe militaire de Pékin.La présidentielle américaine de 2024 en ligne de mireJoe Biden doit également composer avec une opinion publique très méfiante, marquée par le souvenir du « ballon espion » chinois découvert dans le ciel américain en janvier. D’après un récent sondage du think tank Chicago Council on Global Affairs, 58 % de la population considère l’empire du Milieu comme une « menace critique » – un record depuis la fin de la guerre froide. Et une peur que Donald Trump et les autres candidats à la primaire républicaine pour la présidentielle de 2024 sont décidés à exploiter. « Cela contraint l’action de Joe Biden, car s’il projette une image de faiblesse sur Taïwan ou d’autres dossiers, les républicains vont lui tomber dessus, analyse Vinnie Aggarwal. Ils oublient que leur héros, Ronald Reagan, a rencontré Gorbatchev à plusieurs reprises ! »Vue de Chine, cette rencontre vise à « mettre fin à la détérioration de nos relations », selon les termes du vice-président chinois, Han Zheng, il y a quelques semaines. « Nous sommes prêts à renforcer la communication et le dialogue avec les États-Unis à tous les niveaux, à gérer correctement les différends et à relever conjointement les défis mondiaux », a-t-il déclaré sur un ton conciliant. Ce changement radical, après des mois de rhétorique acide contre les États-Unis, révèle une nouvelle stratégie de Pékin qui se veut désormais plus aimable à l’international.Aujourd’hui, comme le notent plusieurs analystes, notamment au lendemain de la spectaculaire réconciliation avec l’Australie au début du mois, la Chine semble plus manier la carotte que le bâton. « Pékin admet désormais que sa coercition économique et sa diplomatie offensive des loups combattants ont été des échecs », explique Neil Thomas, chercheur en politique chinoise au groupe de réflexion Asia Society.« Mille raisons d’améliorer les relations entre la Chine et les États-Unis »Cette volonté affichée de renouer le dialogue avec le rival américain intervient également au moment où la Chine traverse une zone de grosses turbulences sur le plan économique, après l’épidémie de Covid, avec un chômage des jeunes dépassant les 20 % et la fuite des investisseurs étrangers qui craignent le marché chinois instable. « La Chine veut gagner du temps pour y faire face et accélérer l’innovation technologique menacée par les restrictions américaines », expliquait récemment au Financial Times la spécialiste de la Chine Bonnie Glaser, du German Marshall Fund. « Nous avons mille raisons d’améliorer les relations entre la Chine et les États-Unis, mais pas une seule de les gâcher », est allé jusqu’à dire, le mois dernier à Pékin, Xi Jinping au démocrate Chuck Schumer, chef de la majorité au Sénat américain.Sur le fond, la stratégie de la Chine n’a sans doute pas changé. Elle restera intransigeante sur Taïwan, la question des Ouïghours, le statut de Hong Kong, la situation en mer de Chine du Sud. L’objectif ultime de Xi Jinping reste le même : faire de son pays « la première puissance mondiale », ajoute le chercheur Neil Thomas. « Mais désormais Xi Jinping revient à une stratégie antérieure qui consistait à poursuivre cet objectif par le biais d’échanges diplomatiques et économiques approfondis. »Dans cette nouvelle phase de la rivalité sino-américaine, personne n’est dupe. Elle va durer. Avec cette rencontre de San Francisco, les deux superpuissances commencent probablement à accepter cette réalité et à apprendre la meilleure façon de gérer les termes de cette compétition.—–À San Francisco, un sommet sous tensionsLa Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec) a été créée il y a plus de trente ans, quand les responsables politiques américains pensaient qu’un commerce vigoureux rapprocherait les pays bordant l’océan Pacifique.L’administration de Joe Biden, qui aujourd’hui ne propose à l’Apec qu’un pacte économique limité, a surtout passé ces derniers mois à renforcer les sanctions contre la Chine.Membre de l’Apec, la Russie sera représentée à San Francisco par le vice-premier ministre Alexeï Overtchouk. Ce dernier sera le visiteur russe le plus haut placé en déplacement aux États-Unis depuis le début de la guerre en Ukraine.



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