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La première série de Wong Kar-wai revisite le boom économique chinois

by News7
La première série de Wong Kar-wai revisite le boom économique chinois



LETTRE DE SHANGHAÏ « Blossoms Shanghai » (2024), série télévisée réalisée par Wong Kar-wai. WONG KAR-WAI Les plans sont léchés et les décors évoquent un Shanghaï intemporel : on hésite parfois entre les années 1990 et la folie des années 1920. Fan hua, ou Blossoms Shanghai, est la première série télévisée réalisée par Wong Kar-wai, réalisateur hongkongais à qui on doit les classiques In the Mood for Love et Chungking Express. Sa dernière création, en dix épisodes, met en scène des entrepreneurs participant au boom économique des années 1990 à Shanghaï. A l’époque, la libéralisation de l’économie chinoise bégaie encore, mais les opportunités apparaissent pour ceux qui savent les saisir. Entièrement filmée en dialecte shanghaïen, la série a reçu un accueil enthousiaste. Elle résonne particulièrement auprès des habitants de la capitale économique, qui ont regardé, un brin nostalgique, ce récit romancé d’une époque où l’avenir était plein de promesses. « A l’époque, l’économie chinoise était bien plus petite, et nos salaires étaient ridicules par rapport à ceux des pays développés. Mais même si on était pauvres, on était plutôt heureux, parce qu’à l’époque, la Chine se développait, on avait tous de l’espoir », explique M. Huang, né dans les années 1980 à Shanghaï, en balade avec sa femme. « Aujourd’hui, les conditions de vie sont bien meilleures, mais les gens n’ont plus la même confiance en l’avenir », poursuit-il. Lire aussi : Article réservé à nos abonnés A Shanghaï, la jeunesse chinoise a soif de distractions Un budget de 500 millions d’euros et trois ans de tournage Comme des milliers de touristes chaque jour, il est venu immortaliser la rue du Fleuve-Jaune (Huanghe lu), en plein centre de Shanghaï. Abritant le Park Hotel et le restaurant Tai Sheng Yuan, au cœur de l’intrigue, cette rue qui donne sur le parc du Peuple est devenue une attraction touristique. Malgré le froid humide de ce dimanche de mi-janvier, les badauds s’y pressent pour se photographier devant le restaurant emblématique. C’est une de ces rues de Shanghaï qui semblent avoir résisté à la modernisation accélérée de la ville, où l’on trouve encore des bâtiments Art déco et des petits magasins de tang bao – des raviolis à la soupe –, aux enseignes lumineuses criardes. Les commerçants du coin ont ajouté des affiches de la série sur les devantures pour inciter les touristes à s’arrêter chez eux. Devant le Tai Sheng Yuan, Mlle Li, étudiante de 22 ans, équipée d’un Polaroid, propose aux touristes une photo d’eux face au restaurant pour 9,90 yuans (1,30 euro). La rue lui plaît, mais elle constate la distance parcourue par son pays depuis l’époque où se déroule la série. « C’était l’une des rues les plus prospères de Shanghaï, se souvient-elle. Aujourd’hui, elle fait un peu vieillotte, la Chine s’est beaucoup développée. » Même en plein centre-ville, des tours modernes ont poussé et les zones encore préservées sont menacées par l’appétit des promoteurs immobiliers. Il vous reste 55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



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