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Une Miss Japon d’origine ukrainienne ravive les débats sur l’identité nippone

by News7
Une Miss Japon d’origine ukrainienne ravive les débats sur l’identité nippone



Karolina Shiino (au centre) après avoir remporté le concours de Miss Japon, le 22 janvier 2024, à Tokyo. KAZUYA FURAKU / AP Le renoncement, mercredi 7 février, de Karolina Shiino à son titre de Miss Japon met fin à une polémique lancée sur ses origines étrangères. Critiquée à la suite des révélations de l’hebdomadaire Shukan Bunshun sur sa liaison avec un homme marié, l’influenceur Takuma Maeda, par ailleurs membre du jury des Miss, Mme Shiino a rendu la couronne qui lui avait attiré les foudres des extrémistes attachés à une stricte définition de la japonéité. Née de parents ukrainiens, Mme Shiino est arrivée dans l’archipel à l’âge de 5 ans. Elle a grandi à Nagoya (Centre) et a obtenu la nationalité japonaise en 2022. Or, aux yeux de nombreux Japonais, le passeport ne suffit pas pour faire d’elle une parfaite « image de la beauté de toutes les femmes japonaises », le critère officiel pour désigner une Miss Japon. Trois millions de résidents étrangers Devenue, le 22 janvier, la première personne d’origine étrangère à remporter ce concours, créé en 1950, Mme Shiino avait salué la reconnaissance de son identité japonaise. « Il y a des barrières raciales et, dans de nombreuses situations, je n’ai pas été acceptée comme japonaise. Je le suis aujourd’hui. Je vous en remercie. » « Elle parle et écrit un japonais magnifique et poli. Elle est plus japonaise que nous », s’est réjouie Ai Wada, l’organisatrice du concours. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Japon, le rejet du droit de vote des étrangers illustre la défiance envers les immigrés Ajouter à vos sélections Certains ont vu dans cette victoire une redéfinition de ce que signifie être japonais dans un pays qui compte désormais plus de 3 millions de résidents étrangers – un record. L’archipel abrite d’importantes minorités comme les Aïnous, les Coréens ou encore les habitants d’Okinawa – l’ancien royaume des Ryukyu. De plus en plus de métis s’imposent dans la culture ou le sport, à l’image de la joueuse de tennis Naomi Osaka, dont le père est haïtien. « Etre typiquement japonais n’est pas seulement une question d’apparence ou de sang. C’est aussi une question de cœur et d’esprit », a rappelé l’ancienne députée – et participante au concours des Miss Japon – Megumi Kaneko. « Pureté du sang » Mais les critiques portant sur l’élection de Mme Shiino ont aussi été nombreuses, affirmant qu’une femme blanche ne pouvait pas être le « visage du Japon », pays par ailleurs soumis au droit du sang et qui refuse la double nationalité. « La personne choisie est très belle. Mais, pour moi, Miss Japon est quelqu’un dont la beauté représente le peuple japonais. La lauréate ne correspond pas à cette définition ; sa beauté est différente de la beauté japonaise », a commenté sur X l’auteure de mangas Mayumi Kurata. Il vous reste 25% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



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