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En Chine, le gouvernement toujours plus soumis au Parti communiste

by News7
En Chine, le gouvernement toujours plus soumis au Parti communiste



A l’Assemblée nationale populaire, avant la session de clôture du Congrès national du peuple, à Pékin,(Chine), le 11 mars 2024. TINGSHU WANG / REUTERS La grande semaine politique de l’année en Chine s’est achevée, lundi 11 mars, sans l’événement qui, depuis trente ans, marquait un rare échange direct entre l’un des plus hauts dirigeants et les médias. La conférence de presse du premier ministre a été purement et simplement supprimée. Le même jour, l’Assemblée nationale populaire, chambre d’enregistrement, votait un texte clarifiant, s’il en était besoin, le fonctionnement du gouvernement et sa soumission au Parti communiste chinois (PCC). L’amendement à la loi régissant cette institution depuis quarante et un ans et les débuts de l’ouverture économique précise que le Conseil d’Etat, nom officiel du gouvernement, « est le plus haut organe exécutif » et « l’administration la plus élevée » du pays, mais aussi que son rôle est d’« appliquer résolument les décisions du comité central » du PCC, dont il doit « résolument protéger l’autorité ». Le texte invoque les principes idéologiques qui doivent le guider, notamment le « marxisme-léninisme » et la « pensée de Xi Jinping pour la nouvelle ère ». Et, s’il mentionne la priorité donnée à la transparence, il ne précise pas comment celle-ci pourrait être renforcée. Cette loi ne devrait pas changer du jour au lendemain le fonctionnement des institutions en Chine, mais elle s’ajoute, onze années après l’ascension de Xi Jinping au sommet du pouvoir, à une tendance évidente : le parti se renforce et décide, l’Etat ne fait qu’appliquer. Fraîchement nommé premier ministre, en mars 2023, Li Qiang avait précisé dès l’ouverture de sa première – et donc dernière, probablement – conférence de presse que le rôle du Conseil d’Etat est d’« appliquer » les « décisions importantes » prises par le comité central. « Avec l’adoption de ce texte, la supériorité du parti vis-à-vis de l’Etat est encore renforcée, avec un parti qui décide et des institutions étatiques qui ne font qu’exécuter », relève Alice Ekman, analyste responsable de l’Asie à l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne. Lire aussi l’éditorial | Chine : les intérêts du parti d’abord Ajouter à vos sélections Cette hiérarchie affirmée fait de Li Qiang une figure bien moins en vue que ses prédécesseurs. Ainsi, Wen Jiabao (2003-2013), en buvant de la soupe chez des paysans du Guangxi durant le Nouvel An lunaire ou en parlant au mégaphone aux survivants bloqués dans les décombres du séisme du Sichuan en 2008, s’était forgé une image d’homme du peuple – lourdement affectée, à la fin de ses mandats, par un scandale de corruption. « Evidemment, tout le monde sait déjà que le pouvoir suprême revient au parti, mais il y a un besoin chez Xi Jinping de le clarifier encore et toujours, noir sur blanc », constate Willy Lam, spécialiste de la Chine à la Fondation Jamestown, basée à Washington. Il vous reste 60.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



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